Le second cryptex, ou puzzle, que Robert Langdon et Sophie Neveu doivent décoder, a pour clé l'énigme suivante: "Un chevalier à Londres gît, qu'un Pope enterra... " Une recherche dans une base de données leur permet de comprendre que le Pope dont il est question n'est autre qu'Alexander Pope (le mot anglais pour pape), poète et satiriste britannique (1688-1744). Le chevalier auquel se réfère l'énigme est sir Isaac Newton. Pope écrivit les lignes suivantes sur lui: La Nature et ses Lois Se cachaient dans la Nuit ; Dieu dit: "Que Newton soit!" Et tout devint lumière.
Pope soulignait ainsi le fait que Newton a rendu possible une meilleure compréhension du mouvement des planètes et de la nature de la lumière. Le scientifique avait inventé un télescope qu'il présenta à la Royal Society à Londres. La référence à l'enterrement du chevalier conduit les personnages à la tombe de Newton dans l'abbaye de Westminster. Alexander Pope naquit à Londres, dans la famille d'un marchand de lin. Exclu de l'éducation générale à cause de sa foi catholique romaine, il fut dans l'incapacité d'entreprendre des études universitaires ou de prétendre à un emploi public. Cette situation ne l'empêcha pas de devenir un spécialiste distingué de latin et de grec; ses talents d'helléniste lui permirent même de gagner la somme considérable de deux mille livres pour ses traductions anglaises de L'Iliade et de L'Odyssée d'Homère. Pope subit les séquelles d'une maladie contractée dans son enfance, probablement le mal de Pott, une infection de la colonne vertébrale par le bacille de la tuberculose, qui limita sa croissance à un mètre quarante et l'obligea à porter sa vie durant un corset destiné à soutenir son dos voûté. Le premier ouvrage remarquable de Pope, An EssayOn Criticism, a été publié en 1711. Il n'avait alors que vingt-trois ans. Il contient la célèbre citation: "A little learning is a dangerous thing" (Peu de savoir est dangereux). The Rape of the Lock est une autre de ses œuvres, qui utilise la satire pour ridiculiser l'univers mondain de la haute société. À cette époque, Pope était célèbre pour les âpres querelIes littéraires qui l'opposaient à d'autres auteurs. The Dunciad, écrite en 1728 et revue en 1742, est une satire virulente des critiques et des mauvais auteurs. Et dans Imitations of Horace, Pope attaquait l'une de ses anciennes amies, lady Mary Wortley Montagu. En dépit de sa réputation de polémiste, il avait de nombreux intimes, dont Jonathan Swift, Robert Harley (premier duc d'Oxford) et Martha Bount, qui reçut en héritage la propriété de Pope après sa mort, en 1744. Il était aussi un admirateur déclaré de sir Isaac Newton, comme le montre son hommage au grand homme.